Vers la fin de l’actualité

22 juillet 2008

La crise du journalisme est l’ébranlement d’un monopole. Le mouvement est déjà largement discuté, mais ses causes et ses effets n’ont pas fini d’ébranler notre manière de voir le monde.

C’est que le monopole était bien plus profond qu’on ne l’a souvent écrit. Ce n’était pas le seul monopole du choix, de l’ordonnancement et de l’interprétation d’information; car l’information n’existe simplement pas sans être choisie, ordonnancée et interprétée. C’était le monopole de la construction de l’information, c’est-à-dire de la construction du fait d’actualité, c’est à dire finalement la construction du concept même « d’actualité ».

Il n’existait pas « d’actualité » avant l’invention de l’imprimerie et le développement corolaire du journalisme. Chroniques princières et guerrières, gestes mythiques et héroïques, récits légendaires et religieux… une foules d’histoires et de mots mais rien qui se puisse comparer à ce concept selon lequel une partie des évènements du monde est à la fois essentielle à un moment donné et secondaire une fois qu’elle s’est déroulée.

Que l’on réfléchisse un tant soi peu au lien entre l’idée « d’actualité » et le média qui l’a rendu possible – l’exigence de fraicheur de l’information et la nécessité économique de vendre du papier; l’indépendance (toujours relative) de la presse et l’indépendance (partielle) d’un secteur d’activité financé par les lecteurs et par la publicité; les différentes règles de vérification de l’information et le rythme auquel les informations sont conçues et publiées – tout montre que l’actualité n’existerait pas sans la profession qui l’a inventée, produite, commercialisée.

Que l’on réfléchisse surtout à la nature profondément monopolistique d’un « choix d’actualité ». Dans la démocratisation médiatique en marche, qui ne porte un regard différent – son propre regard- sur ce que devrait-être l’actualité? S’il y a autant d’actualités que d’individus, qui peut se dire longtemps légitime pour parler d’actualité au singulier? S’il y a multitude d’actualités, infini pluralisme des actualités, qui peut prétendre synthétiser l’ensemble des choix possibles? Porter à lui tout seul cette masse immensément diverse et immensément changeante et se faire le porte-parole professionnel de la totalité des points de vues sur ce que sont les actualités?

En provoquant la crise du journalisme, les nouveaux médias ne remettent pas seulement en cause les pratiques d’une profession, ils démembrent et peut-être dissolvent sa matière première.

Les nouveaux médias annoncent la fin de l’actualité.

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37 Réponses to “Vers la fin de l’actualité”

  1. Rubin Says:

    La fin du concept d’actualité, je ne saurais dire. Mais la fin d’un certain type de prismes, c’est certain.

    Article extrêmement intéressant en tout cas !

  2. Fab Says:

    Je ne pense pas que l’on aille vers la fin du concept d’actualité, au contraire. Oui, les journalistes sont sans doute à l’origine de ce concept, mais ce qui est remis en cause aujourd’hui par les nouveaux médias ce n’est pas le concept d’actualité mais le métier de journaliste.
    L’actualité n’a jamais eu autant de place à mon sens qu’aujourd’hui.
    Ou alors, faudrait-il s’interroger, comme tu le fais, sur qu’est-ce que l’actualité ? Y aurait-il celle relatée par les journalistes (choisie, hiérarchisée) et les autres ?
    A mon sens, c’est seulement le traitement de cette actualité qui change. A l’internaute désormais de se faire sa propre hiérarchie et d’avoir un esprit critique. C’est l’un des grands mérites d’Internet : obliger le lecteur/internaute à s’interroger.
    Ton article ouvre en tout cas une réflexion très intéressante.

  3. Criticus Says:

    « S’il y a autant d’actualités que d’individus, qui peut se dire longtemps légitime pour parler d’actualité au singulier? S’il y a multitude d’actualités, infini pluralisme des actualités, qui peut prétendre synthétiser l’ensemble des choix possibles? Porter à lui tout seul cette masse immensément diverse et immensément changeante et se faire le porte-parole professionnel de la totalité des points de vues sur ce que sont les actualités? »

    Justement, Cratyle, l' »infini pluralisme des actualités » impose de trouver un moyen de les synthétiser pour les rendre intelligibles au lecteur. C’est tout le défi des nouveaux médias. Et pour synthétiser des flux aussi divers, il faudra des professionnels : des journalistes. Le métier est à réinventer. Il est vivant.

  4. narvic Says:

    La nouvelle forme de l’actualité, n’est-ce pas le buzz ?

    ;-)

  5. cratyle Says:

    Rubin & Fab – L’actualité semble en effet ne jamais avoir été aussi présente dans les anciens médias, et elle semble l’être tout autant dans les nouveaux, mais ce faisant je crois que c’est son unicité qui vit ses dernières années. L’unicité étant bien la seule caractéristique de l’actualité, c’est bien sa nature profonde qui est menacée…

    Criticus – professionnel de la synthèse, dis-tu? Un homme de l’antiquité t’aurait peut-être répondu quelque chose dans ce gout là, si on me passe le mauvais plagiat:
    – « Dis-moi, excellent Criticus, où donc s’apprend cette mystérieuse capacité à synthétiser et à rendre intelligible? N’est-ce pas le médecin qui synthétise les questions médicales? Le charpentier les questions de toitures? Et pour ce qui est des questions humaines et des questions du citoyen, les hommes et les citoyens ne sont-ils pas d’un avis également légitimes? Et s’il il y a une école ou tout cela s’apprend et se perfectionne, dis-moi laquelle elle est, cher Criticus, afin que je puisse moi aussi en bénéficier »

    narvic – et si c’était presque vrai?

  6. Jo² Says:

    @Cratyle,

    Hum… Ce billet soulève bien des questions. Questions d’ailleurs sous-jacentes à une autre de tes réflexions sur les trois âges médiatiques (j’y reviendrai peut-être si mes non-vacances se prolongent…). Point important à mes yeux : la question de l’événement (avec deux « é », sauf si tu es un adepte des réformes de M. Toubon !).

    Dans le cadre d’un simple commentaire, ce n’est pas le lieu de s’étendre sur une si abrupte question. Je résumerai donc mon propos en quelques mots. Le problème de l’événement est de savoir ce qui « fait » événement ; ce qui, dans le flux, sépare le banal du remarquable. Or, mon point de vue est que ce processus de séparation ne se résume pas à « l’institution » qui produisant cette séparation, mais bien au croisement entre observateurs et phénomènes. Que les conditions historiques de ce croisement évoluent, c’est une évidence.

    Faut-il pour autant conclure à la fin (disparition) de l’actualité ?

    Bref. Cette « fin de l’actualité » que tu prophétises est-elle autre chose que le constat de l’agitation médiatique qui semble caractériser notre période ? Ne peut-on y voir un défaut de « filtre » dont l’analyse relèverait alors de l’histoire des mentalités ? Le problème n’étant pas « le » média — ancien ou nouveau — mais l’idéologie au sein de laquelle se produit la séparation banal/remarquable ?

    On n’a pas fini d’en parler…

    Je vais boire un peu de Bourgogne pour faire passer tout cela.

  7. Jo² Says:

    Arf…

    Je n’avais pas vu ton dégagement sur l’homme de l’Antiquité. Je me dois donc de compléter mon propos !

    « L’Athénien Thucydide a écrit l’histoire de la guerre entre les Péloponnésiens et les Athéniens […]. Il a commencé son oeuvre au début même des hostilités prévoyant que cette guerre serait importante, combien plus mémorable que celles qui avaient précédé […] et ébranla pour ainsi dire au loin l’univers. »

    Thucydide, _Histoire de la guerre du Péloponnèse. I. Livres I-IV_ traduction nouvelle par Ch. Zévort, G. Charpentier (Paris), 1883, p. 1. http://gallica2.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1122993.image.r=zevort.f25.langFR

    Toute la force de cette citation est dans le « prévoyant » !

  8. Criticus Says:

    – « Ta conjecture n’est pas fausse, excellent Cratyle, mais les médias traditionnels ne donnent-ils pas déjà la parole à des professionnels lorsque l’évolution de leur secteur concerne l’ensemble du corps citoyen ?

    Qui est capable de dire, dans la masse des informations spécialisées, celles qui intéressent ou non les citoyens dans leur ensemble, sinon un professionnel de la synthèse, apte à distinguer dans les flux d’information le particulier du général ?

    Et aussi, fait que tu sembles négliger, capable de présenter ces informations spécialisées de manière à ce que le profane puisse la comprendre ? On ne niera pas qu’un physicien nucléaire est seul habilité à fournir des informations sur la physique nucléaire.

    Mais on peut douter qu’il soit le mieux formé, en termes de compétence rédactionnelle, pour rendre son travail intelligible au grand public. On peut imaginer qu’un journaliste honnête réussira à mieux le présenter, et ainsi à donner une véritable plus-value à l’information qu’il a recueillie auprès du physicien.

    J’ignore si c’est en charpentant que l’on devient charpentier, mais pour répondre à ta question finale, c’est en synthétisant que l’on devient synthétiseur.

    J’ajoute, excellent Cratyle, pour conclure mon propos, qu’appliquée au politique, ton idée d’une meilleure compétence des spécialistes aboutit à la mort du politique en tant que tel, et substitue l’expertocratie – ou plutôt, puisque tu tiens à engager avec moi un dialogue quasi-socratique, l’oligarchie – à la démocratie représentative, laquelle délègue à des généralistes le pouvoir de décider, au nom de l’intérêt général, entre les divers intérêts particuliers que peuvent faire valoir ces professionnels dont tu vantes les compétences. C’est pourquoi, bien qu’elle soit séduisante, je me méfie quelque peu de ta logique que je juge excessivement polycentriste. S’il n’est plus de professionnel de la synthèse, restera-t-il des professionnels du sens ? Je n’en suis pas convaincu. »

  9. cratyle Says:

    JO2 : tout à fait d’accord pour dire que l’événement (d’accord aussi sur l’orthographe) est à la rencontre de deux mondes: observateurs et phénomènes. C’est -je crois- l’une des éternelles questions des historiens que de jauger l’apport des deux parties… et comme tu l’as peut-être soupçonné, j’aurais peut-être la tentation d’attaquer un peu le sujet…

    Pour ce qui est de « l’actualité », il me semble en revanche que son existence est bien liée à la nature particulière de l’observateur, beaucoup plus en tout cas qu’à celle des événements observés. Sans le monopole des anciens médias sur ce type de réalité, il y a fort à parier qu’elle ne garde cette unicité qui fait peut-être son seul cachet.

    Criticus – C’est bien le sens de mon commentaire de dire qu’il ne saurait y avoir de spécialiste du politique ou de l’humain en particulier (ce qui impliquait que les journalistes ne pouvaient pas se prévaloir de cette compétence). Il n’y a pas non plus d’experts qui ne soient qu’experts, qui n’aient pas d’autres gouts et d’autres compétences, et dans leur masse, il en s’en trouve toujours pour savoir discuter plus largement de leur sujets et les populariser. Les expertises sont du reste elles-mêmes engagées dans un processus de démocratisation qui… mais c’est peut-être un autre sujet

  10. Criticus Says:

    C’est peut-être un autre sujet, mais celui de la meilleure compétence pédagogique et vulgarisatrice des bons journalistes ne l’est pas : il est central, et j’eusse aimé que tu répondisses à ma remarque.

  11. cratyle Says:

    Criticus: je ne me donne pas d’obligation de réponse sur ce blog, d’une part par manque de temps, d’autre part parce que je crois que l’avis des autres commentateurs peut-être tout aussi éclairant. Cela dit, j’avais quand même un peu touché à ta question dans le précédent commentaire : « Il n’y a pas non plus d’experts qui ne soient qu’experts (…) et dans leur masse, il s’en trouve toujours pour savoir discuter plus largement de leur sujets et les populariser ». Il me semble d’ailleurs que la vulgarisation est rarement l’activité principale d’un journaliste, même si c’est en effet un talent.

  12. Criticus Says:

    Ce à quoi je te réponds qu’il n’y a pas moins d’expert de la vulgarisation que de la charpente ou de la médecine. Ta remarque remet plus en cause le maljournalisme que le métier de journaliste lui-même.

  13. narvic Says:

    C’est à travers sa hiérarchisation des évènements (orthographe conforme aux recommandations de l’Académie française ;-) ) qu’elle sélectionne que la presse fabrique l’actualité, qui n’est au fond rien d’autre qu’un agenda.

    Sur internet, la sélection et la hiérarchisation des informations se fait de plus en plus selon d’autres modalités (moteurs, agrégateurs, systèmes de recommandation automatisée…) dans les quels les journalistes n’interviennent plus.

    Ce système est tellement différent du précédent, pourquoi ne pas changer de nom, en effet. Voilà pourquoi je proposais buzz, plutôt qu’actualité. :-)

  14. LOmiG Says:

    salut,
    intéressant billet, et intéressante discussion.

    juste une pensée, que je vais essayer de préciser en l’écrivant, et qui décrira imparfaitement le sentiment qui est le mien à la lecture de tout ceci : si la « construction du fait d’actualité » est bien évidemment du ressort journalistique, l’actualité en elle-même ne l’est pas, et j’ai le sentiment que dans ton texte, Cratyle, tu passes un peu rapidement de l’un à l’autre. Dire que l’actualité est le fait du journaliste, c’est quelque part donner du crédit (mais je me trompe certainement) à des thèses « relativistes » consistant à dire que la réalité factuelle n’existe que par le regard. C’est une pente dangereuse, je trouve.

    La réalité factuelle, l’actualité, existe. C’est une prémisse indispensable à toute discussion raisonnable, et à toute réflexion. Qu’elle soit difficile d’accès, complexe, vue par le biais de filtre, etc., c’est une évidence et il est toujours bon de le rappeler. Mais elle n’en existe pas moins, et est « connaissable » en droit, sinon en fait. Le raccourci que tu utilises laisse à penser que ce n’est pas ton point de vue : peux-tu préciser ta vision sur ce point particulier ?

    à bientôt !

    PS : ce serait cool d’installer un truc qui permette de recevoir des notifications automatiques des réponses par mail…taulier ?

  15. cratyle Says:

    Narvic – Oui, on pourrait définir l’ancienne actualité comme un agenda partagé entre les principaux médias. Ce qui permet d’avancer: le nombre de médias sur internet, qui tend (au moins) vers le nombre d’utilisateur empêche le partage uniforme du même agenda. Les buzz sont des micro agendas qui se rependent au sein de communautés spécifiques ou de sous communautés, qui passent parfois d’une communauté à l’autre, mais n’imprègnent jamais la totalité du Web… Définitivement des bons candidats au remplacement de l’actualité…

    Lomig: l’idée selon laquelle l’actualité est construite par les journalistes et que donc elle n’existerait tout simplement pas sans eux est bel et bien la thèse du billet. Cela implique tout à fait qu’il n’y a pas “d’actualité à priori” qui attendrait d’être collectée et qui existerait indépendamment de cette collecte.

    Depuis la fin du positivisme, il n’y a plus de science, ni naturelle ni humaine, qui croit encore à l’existence à priori de “faits bruts” : ni les mathématiques, ni la physique ni même l’histoire -voir à ce propose le commentaire de Jo2 un peu plus haut-. Tout ce que les scientistes du débuts du siècle considéraient comme des faits bruts se révèle être des construits: non qu’ils n’existent pas -ils existent en effet- mais qu’ils auraient pu être construits -ou composés, ou mis en récit- bien autrement.

    Ce qui est valable pour les “faits scientifiques” l’est à fortiori pour les “faits” médiatiques. A voir -et discuter- sur un précédent billet qui approfondi un peu ce sujet: http://cratyle.net/2007/11/21/des-constructions-mediatiques-des-interpretations-et-des-faits

    PS: je réfléchis… à voir


  16. […] la fois essentielle à un moment donné et secondaire une fois qu’elle s’est déroulée.Et la suite…    Tags: […]

  17. Hilarité Says:

    Bonjour,
    Bravo our l’idée. Vive les blogues. Pas d’accord pour dire qu’il y a autant d’actualité qu’il y a d’individu. À moins de lire les pages du lecteur. C’est souvent là qu’on a les idées les plus pétillentes et les plus vraies car elles résonnent d’authenticité. C’est ce qui séduit de nos jours. Les messages corporatistes; l’.actualité basée sur les communiqués de presse, c’est hirrible, Absolument. C’est d’échanges d’idées dont nous avons besoin pour trancher avec ce discours commercial qui nous dégouline dessus dans tout les médias. Tout est affaires de tournée de promotion. le message sort quant il se doit, au moement appoprié pour inciter à penser du bien des coportation politiques, commericiales, religieuses… de moisn en moins pour cette denrnière. Enchanée de faire partie de vitre discussion. Bonsoir à tous ! Quelqu’un à l’écoute ?

  18. cratyle Says:

    Autant d’actualités que d’individus… en tendance. A plus court terme je crois que chaque communauté ou micro-communauté constituera peu à peu sa propre actualité. Mais il n’y a probablement pas de limite à la fragmentation qu’un tel mouvement peut engendrer

  19. Criticus Says:

    « A plus court terme je crois que chaque communauté ou micro-communauté constituera peu à peu sa propre actualité. Mais il n’y a probablement pas de limite à la fragmentation qu’un tel mouvement peut engendrer »

    Et, excellent Cratyle, te réjouis-tu de cette fragmentation, la déplores-tu (comme moi), ou te contentes-tu de la prophétiser ?

  20. lomig Says:

    salut Cratyle,
    au moins l’intérêt c’est que tu vas au bout des choses…ce que tu dis est faux !
    C’est un des principes fondamentaux de la démarche scientifique que de considérer qu’il existe une réalité indépendante de nous. QUe la science, justement vise à connaitre.
    Maintenant, notre quiproquo tient peut-être aux termes utilisés : « faits » et « réalité » ne sont pas la même chose.

    Une des défintions du mot « faits » est la suivante :
    « Ce qui existe réellement, la chose réelle (p. oppos. à la fiction, au rêve, à l’idée, au principe, au souhait, etc.; souvent au plur.); tout ce qui peut être constaté de façon certaine. »

    cette définition est en contradiction pure et simple avec ce que tu disais plus haut : « qu’ils auraient pu être construits -ou composés, ou mis en récit- bien autrement. »

    Un constat est un constat. Une pierre qui chute d’un mur, même raconté de cent mille manières différentes, reste un fait, une réalité, indépendante de la construction de celui qui décrit ce fait.

    à bientôt,
    ce serait vraiment utile la notification par mail des réponses…

  21. cratyle Says:

    Lomig – Je ne voudrais pas faire trop dévier ce fil de commentaire vers des considérations épistémologique déjà largement explorées ailleurs (mais cette conversation peut bien sur se poursuivre ailleurs…).

    Peut-être serait-il utile que tu jettes un œil sur les principaux textes d’épistémologie et d’anthropologie des sciences: tu y verras que la définition du fait est bien moins simple que ce que les habitudes positivistes et la connaissance superficielle des sciences le laissent croire. Je te recommande en particulier Karl Popper, Thomas Kuhn et Bruno Latour.

    Pour répondre à ton exemple en deux mots qui ne peuvent bien sur faire le tour du sujet, le mot « pierre » lui même ne signifie jamais la même chose exactement. Il ne peut être défini strictement, et quand bien même il le saurait à un instant donné, d’autres façons de voir et mesurer la réalité qu’il recouvre engendreraient une transformation du contenu du mot pierre et le… « reconstruiraient ».

    « La pierre tombe » n’est pas un phénomène: c’est une phrase qui s’attache plus ou moins exactement à un phénomène. Elle en retient certains aspects mais pas la totalité. Elle est partiellement indépendante de celui qui l’exprime, mais elle lui est aussi indissociablement liée.

    Ne t’es tu jamais rendu compte qu’aucun concept scientifique ne reste égale au cours du temps, que la découverte du lendemain change non seulement l’hypothèse de la veille mais aussi le sens qu’il faut donner aux mots qui la désignaient? La « lumière » de Descarte, n’est pas celle de Maxwell, pas non plus celle de Planck, et moins encore celle de Broglie… C’est que jamais un modèle ne recouvre la totalité du phénomène auquel il s’attache.

    C’est l’avancée de la science moderne -celle de Galilée-Newton- que d’avoir reconnu la distinction fondamentale entre le phénomène et les mots / équations qui permettent de le décrire. Bien avant l’époque contemporaine, il était déjà largement visible que la description n’épuisait qu’une partie du phénomène. Depuis l’époque contemporaine et notamment le choc scientifique de la physique quantique, l’observateur et sa subjectivité est lui-même intégré aux équations.

    Il ne fait plus de doute que la science ne « connait » pas la réalité, qu’elle se contente et se contentera toujours d’en modéliser certains aspects toujours partiels et limités.

  22. narvic Says:

    (il me semble que liens dans le début du billet ne fonctionnent pas…)
    ;-)

  23. cratyle Says:

    Tiens oui… C’est rétabli

  24. lomig Says:

    Salut,
    j’ai lu Kuhn, un peu Popper.
    Je connais le concept de paradigme, et le fait qu’un concept n’est pas le même à chaque époque. J’ai étudié la mécanique quantique, par ailleurs, et ce que tu en dit me parait un peu rapide. La mécanique quantique concerne un domaine de la physique bien particulier, et si elle a des impacts philosophiques indéniables, une certaine pensée philosophique a un peu trop extrapolée sur les conclusions à en tirer en général.

    Bien sûr que la science ne fait que modéliser. ça ne change rien au fait que la réalité existe, « est », indépendamment de nous. C’est juste cela que je dis.

    à bientôt !

  25. cratyle Says:

    Criticus – J’ai un peu tendance à me réjouir de cette fragmentation là. Je crois qu’il ne s’agit d’une multiplication des points de vues, des opinions, des intentions, des idées. La démocratisation n’homogénéise pas le monde: elle le colore et l’enrichit. Elle l’énergise.

  26. Hilarité Says:

    Je suis tellement d’accord avec plusieurs de vos observations Cratyle et Lomig.

    Le problème avec le contrôle de l’information par les corporations est que celles-ci contrôlent aussi la «vérité» sur les décisions que nous avons à prendre.

    Comme de vraies prestidigitatrices, les organisations les plus actives sur la patinoire médiatique embauchent les talents qu’il faut pour attirer l’attention sur certains fait et passer les explications qui savent contenter nos esprits paresseux et tourner quelques coins ronds. Pas que la «réalité» soit si complexe. Ho non bien au contraire ! Je crois seulement que nous nous la faisons se compliquer par la multitude de détails insignifiants et de fausses pistes qui parsèment notre actualité et qui nous éloignent des vrais questions, qu’elles soient énergétique, pharmaceutiques, environnementales guerrières ou autre.

    En un mot, JE ME MÉFIE de ce que je lis dans les journaux, sachant que cette réalité est nécessairement déguisée. Les chefs rédacteurs et les journalistes travaillent pour une organisation fort puissante, ne l’oublions pas. Qui a ses lobby et commanditaires bien penchés au dessus de leur épaule pour attirer l’attention sur les faits divers qui font avancer des causes de plus en plus suspectes.

    Heureusement, il y a les blogues qui peuvent contribuer aux échanges sans censure, exempt d’objectifs de communication.

    Au fait, pourquoi irons-nous faire vacciner nos filles de 11 à 16 ans avec un produit comme Gardasil.ca (plus d’un million de pages web sous Google, la plupart toutes plus maquillées les unes que les autres) ? M maintenant deux ans que la campagne de promotion est en vigueur. Vous en êtes témoins comme moi ? Les messages publicitaires, les panneaux d’autobus, l’information électronique. Suspect !

    Et les vraies raisons échappent. Curieusement. Peu font de réelles enquêtes. Sachant que les spécialistes en santé publique n’ont pas la preuve des bienfaits de ce vaccins. Quel est le véritable objectif dites-moi ? Je connais plusieurs personnes dépendantes à vie de médicaments, ayant développé une maladie chronique suite à une vaccination massive. Gare Gare… les faits d’actualité ne sont pas que «Pierre qui tombe». Les faussetés entourant la chute nous construisent aussi quelques beaux tombeaux !

    Voilà où je veux en venir.
    Vous me suivez ?
    Hilarie T.

  27. Criticus Says:

    L’idée selon laquelle, comme tu le dis bien, « [l]a démocratisation n’homogénéise pas le monde: elle le colore et l’enrichit. Elle l’énergise », et à laquelle je souscris, n’empêche pas qu’il y ait une instance – la presse – qui donne un sens à la multiplication – plutôt que la fragmentation – « des points de vues, des opinions, des intentions, des idées ». La preuve en est que lorsqu’un internaute veut s’enquérir de l’actualité – c’est-à-dire, ni plus ni moins, le flux synthétisant toutes les nouvelles informations recueillies par des experts de l’information -, il se rend sur les sites des grands médias – et, fait intéressant, des grands journaux. Il est beaucoup plus facile de faire confiance à un acteur indépendant de la transmission d’informations plutôt qu’à des acteurs isolés qui communiquent sur leur domaine de compétence. D’autant que, je le répète, ces acteurs isolés sont également consommateurs des informations produites par les autres. Quelle autre instance qu’un grand média généraliste peut fournir à tous une synthèse des diverses informations produites par ces acteurs ?

    Le souci réside plus, à mon sens, dans l’indépendance des médias à l’égard des grands groupes industriels et financiers pour les patrons de presse, et de la gauche institutionnelle pour les journalistes de base. Le légitime discrédit qui frappe la presse n’enlève rien – au contraire – à son rôle.

  28. Hilarité Says:

    D’accord avec vous Criticus.

    La question est justement là ; la presse a-t-elle la liberté de questionner les événements présentement ? Leur attention est-elle au bon endroit ? S’occupe-t-elle des vraies questions ? Nous informe-t-elle des vraies choses ? Comment pourraient-ils ne pas agir en otage de la compétition et de la commandite?

    Qui veut investir dans de vraies enquêtes quand elles pourraient menacer la réputation d’une industrie complète ? Car constatons-le, les «scandales» mis à jour en politique le sont rarement par les médias officiels; devenus arme par excellence de propagande. Et voilà Stéphane Dion avec sa taxe verte… Je sens qu’on va en entendre longtemps parler de celui-là…

    Heureusement qu’il y a encore Internet avec quelques contenus « libres » qui sillonnent la société mais de façon tellement marginale… outil d’évolution sans doute et peut-être de dissidence si on ne s’en tient pas qu’aux sites officiels des corporations évidemment. Bien sûr il y a les contenus très personnels. Mais aussi circulation d’information «non officielle», perçu trop marginale pour être crédible. Entre autres les vidéo tous plus convainquant les uns que les autres, citations d’ingénieurs et scientifiques à l’appui, qui présentent le Word Trade Center comme un coup monté de toute pièce. Le WT, l’une des plus grandes «arnaques américaines» de tous les temps ? Un prétexte solide pour lancer cette guerre du pétrole qui n’en finit plus.

    Et qui parle de ce point de vue dans nos si matures outils d’information ? Qui donne la parole aux manifestants et dénonciateurs. On préfère Stéphane Dion ? Vraiment ? On s’informer pour se faire manipuler ou pour comprendre ce qui se passe vraiment dans le monde et chez-nous ?

    La presse prend le rôle qu’on veut bien lui donner : informer sur ce qui est à l’affiche et dans les communiqués ou favoriser la circulation des idées ?

    L’important est d’être au moins conscient que la liberté de presse et donc la liberté d’opinion demeurent des utopies !


  29. […] Y’a si peu tant de chose à parler que ça? Voilà l’avènement du 2.0? Effectivement, l’Actualité est peut-être bel et bien morte. Tags: Jean Leloup, journalisme, Michaëlle Jean, Piéton, Steve Hill Classé dans : Choses et […]

  30. Maud Says:

    @ cratyle:

    Ce qui est également dit dans NoOvision est qu’il faut différentier actualité et information.

    Entre l’actualité et l’information il s’est opéré une décantation, un processus long qui malmène l’actualité en lui imposant de multiples manipulations: verification de la source, approfondissement du sujet, mise en perspective, investigations parallèles.

    Ces manipulations sont complexes, relevent de la technique et de l’analyse: elles ne peuvent donc être opérées que par des professionnels, journalistes ou bloggers éditorialistes.

    L’actualité s’est certes ouverte à tous, offrant des combinaisons infinies; mais l’information, elle, restera aux mains des professionnels! Bref, l’éternel débat qui revient!

    Signé une aoutienne…au travail et qui traque désespérement l’Information dans ce desert journalistique parisien!

  31. cratyle Says:

    Maud – Le Web entier tend à abolir la frontière entre professionnels et amateurs… Pourquoi l’information échapperait-elle au mouvement universel?

  32. Tonton Says:

    Discussion abondante et intéressante! Je jette en pâture quelques idées que tout cela m’évoque :

    N’aurions nous pas en fait deux formats d’actualité et de journalisme?
    – le journalisme ‘production de contenu’ qui, comme le chercheur va produire des faits en les faisant exister, les révélant (qu’il sagisse de scoops ou d’analyses)
    – et le journalisme ‘édition de faits’ auquel correspondrait la production de l’actualité en tant que mise en forme et hiérarchisation des événements;

    ça c’est pour les media traditionnels. Quid de l’effet web?
    – sur le premier, il s’agit plus d’une explosion que d’une révolution: la multiplication des blogs, la multiplication des sources audio ou vidéo, etc. alimente un contenu toujours plus grand. Pas forcément toujours digne du prix Albert Londres, mais des faits, des analyses, du contenu, bref de l’événement.
    – sur le second, la révolution est déjà en marche, elle ne signe pour autant pas du tout la fin de l’actualité. ce que le web 1.0 a changé, c’est qu’il a fourni à tous la matière première des journalistes-éditeurs. Démythification immédiate garantie : « Quoi!!!!! je paie pour avoir accès à des dépèches AFP à peine retravaillées??? C’est sûr, je ne m’achèterai plus un journal et me ferai moi-même ma propre revue de presse ». De ce point de vue, Metro, 20mn ou Direct sont des cas extrêmes mais terriblement révélateurs.
    Réaction immédiate des journaux historiques : vous allez pouvoir vous-même personaliser votre actualité en faisant votre sélection et définissant votre ligne éditoriale parmi nos contenus. Ils viennent sur le terrain du web mais l’actualité ne disparaît pas pour autant. Elle est personalisée mais il y a toujours des structurateurs et des intégrateurs. La multiplication des ressources web (blogs, etc.) ne fait donc pas disparaître l’actualité, elle diversifie seulement les sources. Le portail libe.fr est intéressant de ce point de vue puisque les blogs ne sont pas forcément cantonnés dans une colonne à part mais nourrissent parfois la ligne éditoriale. On y vient doucement mais on y vient: la multiplicité des sources et les très bons posts comme les buzz sur internet sont peu à peu intégrée dans le flux d’événements qui font l’actualité (ou plutôt les actualités si l’on considère que la rédaction du 20h de TF1 et celle du 19-20 proposaient déjà deux traitements différenciés des événements et donc deux actualités différentes)

    What’s next? Que pourrait alors changer internet dans cette gestion de l’actualité: je vois deux pistes:
    . un format ‘netvibes’, où chacun intègre sa propre actualité à partir de flux déjà digérés et compilés par d’autres. Cela ajoute du confort, mais ce n’est qu’une version internet de la revue de presse que faisait grand-père lorsqu’il achetait tous les canards du kiosque pour savoir en détail tout ce qui s’écrivait. Rien de révolutionnaire pour le sujet qui nous concerne, donc
    . l’émergence de nouveaux formats d’intégration pourraient eux transformer plus profondément la structuration de ce flux d’événements : soit des nouveaux éditeurs, autorisés par la facilité d’accès et de diffusion de l’info (style: demain, je lance mon site et j’y édite tous les jours ma compilation d’événements… si ça marche, je deviens un éditeur reconnu) mais on est encore dans l’ancien modèle. Soit des communautés qui se constituerauent et hiérarchiseraient de manière collaborative ce qui attire leur attention dans les évènements récents. Mais là encore, on aurait une édition partagée de l’actualité, mais on aurait toujours de l’actualité.

    Donc à mon avis,
    (pas d’accord avec toi): l’actualité n’a pas fini d’exister
    (d’accord avec toi): la production de cette actualité par le 20h de TF1 et les matinales de RTL seront (très) bientôt des reliques de l’histoire et l’on va vers des formes tout à fait innovantes de sélection-hiérarchisation des flux d’événements.

  33. cratyle Says:

    Tonton – merci pour cette très belle analyse du mouvement en cours : à quand un post en invité sur Cratyle?

    Sur ton « What’s next », je crois qu’il suffit de poursuivre le mouvement que tu décris d’une pichenette pour rejoindre ma thèse

    – Sur le format Netvibes (c’est déjà presque le passé…) la revue de presse diffère de celle de gran-père en ce que personne ne lit plus la même, et que dans le caléidoscope infini « des » actualité (et là, à l’échelle de la planète on parle de millions d’actualité) le référentiel commun, ce que nous appelons « L' » actualité disparait

    – Sur les formats à venir (on y travaille, on y travaille jour et nuit…) je crois qu’ils permettront une décentralisation radicale de l’édition et de la production et permettront à chacun d’être le centre de son actualité… Avec eux, notre actualité d’aujourd’hui pourrait vite avoir l’air de ces chroniques de cour des temps passées: le soucis d’un petit groupe social, à un petit groupe social surtout destiné

  34. Tonton Says:

    Ton obsession pour Laurence Ferrari te perdra. Je sais bien que tu es accro au 20h de TF1, mais tu mythifie un peu l’unité de « L' » actualité aujourd’hui.
    Si tu compares TF1, Arte, Europe 1, BFM, RFI, Les Echos, Libé, Le Figaro, Le Canard, Auto Plus et Voici, « L' » actualité est déjà très éclatée et tu peux zapper et te faire ta propre actualité en ne lisant même que telle ou telle rubrique dans chacun des média.
    Netvibes n’a rien de révolutionnaire de ce point de vue sauf qu’il facilite grandement l’opération et qu’il est gratuit (en soi, c’est important, mais ça ne bouleverse pas la structure du champ)
    Avec l’édition et la production décentralisée, j’ai le sentiment que sauf à imaginer un repli communautaire fort (il faudrait inviter Finkielkraut à donner son avis là-dessus, il pourrait aussi faire un post invité, non… lol) chacun sera moins au centre de son actualité qu’il ne disposera des moyens de proposer au monde sa lecture de l’actualité : chacun rédacteur en chef, voire (et je pense que c’est plus cela qui se passera) chacun membre d’un comité de rédaction perpétuel et en temps réel, sans autre rédacteur en chef que la régulation par la communauté des éditeurs. Mais là encore et toujours, il y aura un produit consultable avec un traitement des événements les transformant en actualité.

    Ni l’extension de la communauté des éditeurs à l’infini, ni la dilution du flux événementiel via le traitement en continu et le retraitement de données stockées (cf. des posts oubliés qui ressurgissent etc.) ne modifient l’idée de l’actualité.

    L’extension à l’infini des éditeurs va profondément modifier le point de vue ‘pensée unique’, mais ne transforme ni la structure, ni même le rapport à l’objet (je ne développe pas mais je t’attends sur ce dernier point).
    La dilution du flux événementiel est déjà largement entamée : les journaux classiques pratiquent déjà l’édition en continu et en temps réel sur leurs sites internet et le retraitement de données passées le chamboulemen permanent du flux des événements est aussi un classique du journalisme qui se respecte (et qui fait un peu de retour sur les faits avant de simplement commenter la dernière déclaration présidentielle).

    PS: merci pour l’invitation. Je finis mon bouquin et j’y réfléchis.

  35. Tonton Says:

    @ narvic & Cratyle:
    je ne baigne sans doute pas assez dans le monde merveilleux des communautés pour percevoir à quel point le buzz remplace l’actualité; j’ai le sentiment qu’il y a deux choses différentes, à savoir le traitement de l’information et du flux d’événement d’une part et d’autre part le ‘sujet du moment’.
    La question est éminement sociale : de quoi j’ai besoin pour avoir des trucs à dire au café et de quoi j’ai besoin pour pas perdre le fil avec mes contemporains.

    Pour moi, le buzz n’est pas autre chose que le truc dont tout le monde parle, de la machine à café au petit zinc en passant par la salle de rédaction. Sauf que là c’est écrit donc ça laisse des traces visibles et matérielles.
    Concernant l’actualité, à savoir qui et comment on parle de la guerre en géorgie, des Crocs de Bachelot ou de sa mise à sac de la Sécu, des derniers netbooks ou de l’envie que Manaudou a de faire du (vrai) cinéma, on cherche sans doute une nouvelle façon d’intégrer et hiérarchiser ces événements. Quittons les sites de journaux pour aller sur Yahoo ou Googlenews . Les avantages mais aussi les grands inconvénients de laisser un agrégateur traiter le flux d’informations sont évidents: il n’y a aucune mise en perspective, aucune ‘ligne éditoriale’… Si je ne fais pas profession de lire l’actualité, je ne peux pas vraiment avoir fait un tour approfondi de ce qui m’intéresse potentiellement en 20mn, je dois moi-même effectuer un tri. Ce tri, les rédactions le faisaient, éditant par la même une lecture des actualités [intéressant au passage que nous disions L’Actualité quand l’ORTF parlait « Des actualités », comme si nous étions passé au concept quand nous avons abandonné l’idée d’une information pleine, entière et totale]. Pour le moment, le web ne s’est pas organisé pour le faire, mais ça va venir.


  36. […] Senza i mass media, chi deciderà l’ agenda pubblica? Chi fabbricherà l’ attualità? Perché la funzione dei mass media, e dei giornalisti, non è mai stata quella di produrre l’ informazione. Non sono loro che producono l’ informazione, sono le loro fonti, è il corpo sociale stesso che produce l’ informazione. Il ruolo dei media è di selezionarne una parte, trattarla per fabbricare un manufatto che viene re-iniettato nel corpo sociale e che si chiama attualità. […]


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