Le rythme des médias

29 octobre 2007

Lundi de vent et de pluie, matin au rythme lent. J’entends crépiter la radio, je vois les fils d’actualité défiler sur mon écran, je vois tourner les rouleaux rapides des portails, les blogs absorbent lentement l’information, la reprennent, la digérent, je vois des controverses apparaitre, d’autres disparaitre ou se prolonger…

Les médias se répondent mais ne se mêlent pas. Si chaque média est le support d’une discussion, chaque média possède son rythme propre, son tempo, sa diction. Peut-être ce rythme nourrit-il le contenu au point de le définir? Peut-être chaque nouveau tempo enfante-t-il des discours renouvelés?

On peut presque définir un média selon ce critère unique: le rythme de la discussion. 

Les anciens médias génèrent des successions de monologues: le monologue accéléré des radios & télés, le monologue bien structuré des journaux, et dans un autre registre, beaucoup plus lent, beaucoup plus posé, le monologue lointain des livres, dont les discours se répondent ou s’ignorent au fil des années, inventent des traditions, structurent ou dissipent insensiblement la pensée.

Etonnamment, la différence entre anciens et nouveaux médias ne tient pas à l’intensité mais à la nature du rythme. Les nouveaux médias ne sont ni systématiquement plus lents ni toujours plus rapides: ils nous font passer des monologues successifs aux dialogues véritables. Pour ce qui est de la vitesse, ils offrent une variété proche de celle de leurs ainés: discussions accélérées –portails d’information, sites d’actualité-, accumulation de textes et de commentaires –blogosphères-, rythme lent des écritures à plusieurs mains –wikis et autres travaux partagés-…

Et si la quête de nouveaux médias était celle de nouveaux tempos? Non pas de discussions plus rapides, mais de rythmes inattendus, plus lents ou plus profonds, plus purs ou plus colorés?

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Une Réponse to “Le rythme des médias”

  1. tonton Says:

    Heureuse coincidence, j’étais justement en rain de parcourir « La technique et le temps », de Bernard Stiegler (remis en mémoire par la lecture d’une intéressante notule critique rencontrée sur http://www.boson2x.org/article.php3?id_article=76).
    Si j’en crois le Blogroll, les penchants Heideggeriens de Stiegler n’auraont pas nécessairement les faveurs de Cratyle, quoique… la réintroduction et l’analyse du rôle central de la technique mérite un long détour!
    Alors seulement « des rythmes inattendus, plus lents ou plus profonds, plus purs ou plus colorés »? simplement de nouveaux tangos, ou quelque chose de plus profond est à l’oeuvre dans notre monde numérique? Dit de manière un peu pompeuse: des ‘tempos’ nouveaux ou des ‘temps’ nouveaux? S’agit-il simplement d’une simple augmentation de la disponibilité de media plus variés et plus accessibles qui produirait, du fait du choc et de la gestion permanente de tempos différents, une multiplication des rythmes? Ou s’agit-il d’une transformation plus lente mais plus radicale du rapport des humains aux échanges sociaux (à eux-même et aux autres), via entre autres, les mutations que ces nouveaux rythmes ne manqueront pas d’entraîner dans les règles sociales?


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